poésie en vers libre
… … … …
L’hiver a passé pour ne pas revenir
ce qui sépare la phrase abandonnée
du ciel habité a repris — à force
on se voile les yeux
on se mord les poignets
l’effroi parle sa voix déposée et décide les bourgeons
oui le monde tourne encore
on peut fuguer hors de soi
se pendre aux couleurs d’un reste de nuit
mais l’ami des muets n’attend pas, lui
il danse sur la lumière et
ouvre la maison au lent changement des gouttes
(si tu crains de peser autant
que mon cœur de chair)
le zèle monte qu’on ne sentait plus.
… … … …

En savoir plus sur Les mots, la vie
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
Une belle photo, ce ciel habité, abandonné derrière le phrasé compliqué des arbres. Et je me demande soudain si « la poésie en vers libre », ne joue pas précisément ce rôle des arbres (de séparer, de voiler), face à la simple beauté.
(« le zèle monte qu’on ne sentait plus », ce serait le résultat de cet effort, de ce combat que l’on livre contre ses propres obstacles). Pas si simple, la poésie !
Merci, René, pour le compliment sur la photo et l’écho de votre passage.
Ces arbres en vers libre parce que sortir est toujours à commencer, à recommencer; le réel est opaque pour moi. Grâce à la poésie et à sa beauté à inventer, je me remets en marche. Un effort, oui!
j aime beaucoup, très délicat et profond