Suivre le chemin pour voir

… … … …

La tâche quotidienne de la poète

Voilà mon devoir constant;

Garder et chérir l’objectif par lequel

Je vois l’amour et la guerre

Et les guêpes autour des lys

Et la mutinerie intérieure.

… … … …


Vers de la poète canadienne Anne Wilkenson (1910-1961) — ils disent pourquoi j’écris de la poésie.

Œuvre de Juli Gagnon (technique mixte)©️2024.

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7 commentaires sur “Suivre le chemin pour voir

  1. Tout est observable, ce qui est réveillé à l’intérieur et à l’extérieur, de soi. Les positions de présence et de non-présence sont de la matière pour soi, après ce que les autres en font, une histoire bâtit sur leurs propres fondations. Pour plusieurs personnes, ce qui est actuellement la réalité est souvent impossible ou insupportable. Ce fait observable est vraiment fascinant. Cela me fait penser à la définition de la femme japonaise de Nothombe qui doit toujours être dans un autre espace, de celle qu’elle est actuellement. Terrible demande impossible à satisfaire. Merci, Geneviève, pour tes mots. Belle journée.

    1. Belle journée vers toi en retour, Mylène. Merci pour l’écho de ton passage!
      L’ambivalence est là, une demande certes terrible mais une force aussi et qui touche à travers le temps (pour moi en tout cas — pfiou).
      J’ai beaucoup lu Wilkenson durant mes études, il y a plus de 40 ans… je replonge dans son oeuvre maintenant.
      En rouvrant l’un de ses recueils, j’ai retrouvé les vers ci-dessus soulignés à l’époque. J’avais écrit dans la marge « suivre le chemin pour voir ».
      Quelle résonance pour moi aujourd’hui — un peu comme Wilkenson d’ailleurs: la mémoire est une sorte de trésor vieillissant; elle s’inscrit dans l’histoire et le temps.
      En t’écrivant ça, me vient à l’esprit vaguement l’ouvrage « Un rêve à l’ancre » sur le Japon de Michel Butor. Il faudrait que j’y retourne aussi pour y trouver, qui sait?, une ouverture vers Nothomb que tu évoques…

      1. Merci pour tes références Geneviève, je vais aller zyeuter de quoi il en retourne. La photo me manque, j’en ai peu fait cette hiver, avec elle, il est plus facile de suivre le chemin. Belle journée et merci pour l’échange.

  2. Du dilettantisme ou de l’héroïsme… Voilà qui tente de dire comme on se voit et comme on se montre, comme on se justifier à ses propres yeux, à ceux des autres… Suivre le chemin pour voir ou se revendiquer une tâche, un devoir… oui, je veux bien le croire, ce n’est pas rien d’écrire de la poésie.
    Je n’oublie pas qu’il y a plein d’humour, au détour du chemin, comme dans le dessin de Juli Gagnon !

    1. Vous avez raison, René: une tentative. On voudrait conjurer le mauvais succès, l’explication inutile et impossible. On renonce finalement. C’est l’insensé de l’aventure, l’audace qui nous semble toujours folle mais qui nous sauve de soi, de l’Autre, de ses yeux…
      C’est une chance inouïe que d’écrire les mots qui nous habitent. Juste ça!
      Merci pour l’écho de votre passage!

  3. merci pour le partage et tes mots Geneviève… un grand plaisir de te lire …… suivre le chemin pour voir est essentiel à mes yeux …. une grande aventure….

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