Été rose

suite en vers libre

… … … …

et puis la ligne se détendait
et le silence
et la faim exigeant l’enfance s’échappaient

EXIT          l’horizon si blessant d’absolu
les heurts brisant le gypse aux poings
et tombant les cadres vides des cimaises
CHAS          c’est par l’urgence intérieure
qu’on écrase le serpent
les paroles premières arrachées à leurs dentelles d’écorce

le grand pays de nuit et de jour étanche le tremblement
et transgresse chaque hiver depuis
le feu éboulé
à re vivre printemps

s’élance l’étrave de juin en robe de blé
elle continue les frissons du cœur véritable
comme si elle recréait l’itinéraire de sa naissance originelle

l’ancienne terreur se lave au nectar des rives
pose ses pieds sur les coquillages très fins des années

éternelle vérité des saules entre bras secourables
qu’on sait
qu’on sait
— été rose à persister bien au-delà de l’escale vaincue 

… … … …

Oeuvre de Mark Rothko, peintre américain (1903-1970),
« White Center (Yellow, Pink and Lavender on Rose) », 1950. ©️mark-rothko.org


… … … …

POÉSIE


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9 commentaires sur “Été rose

    1. Oh…! Venant de toi… ça alors, Jean-Marc!
      Merci du cœur à toi pour ton regard.
      Ce poème fait partie d’eux prochain recueil auquel je travaille.
      Pensées vers toi!

  1. Sélection très réfléchie pour permettre l’arrivée du monde ou l’arrivée au monde. Une suite qui mérite plus d’
    une relecture. Je suis impressionnée, merci!

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