C’était brûlure

suite en vers libre

… … … …

quand tu as
déroulé devant moi
le croissant de la lune
et de tes cils longs
tissé le tain d’un miroir
où mirer ton sexe brun
femme-fleur pianiste brûlante
j’ai reconnu
tes doigts à graver sur nos bouches
le blason inavoué

tu me savais à la nature
mais mise à l’homme
danseuse mais sans figures
poète mais libre de régime
orientée mais à résonance égale
oh Sappho
nous avons su savions
combler le sauvage
nos mousses perméables
l’abandon en caresses à l’accord

mes veines leur cohorte
battent à notre célébration encore
(hier il y a cent ans ou deux jours)
ma foulée au soleil
elle ranime le souvenir des paupières 
et tu parais doucement
entre branches feuillues et
troncs charbonneux
— ma gorge de bête
soudain gonflée à ton insensé

je m’éblouis à deviner l’image peinte


… … … …

« Deux femmes nues de profil
dont l’une est agenouillée »
Auguste Rodin (1840-1917), vers 1898.
©️Musée Rodin.

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4 commentaires sur “C’était brûlure

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